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« Ces artistes qui ont fait le théâtre d’hier et celui d’aujourd’hui »

Posté le 30 juillet 2017

CLAUDE RICH: « Un éternel jeune homme… »

Il nous a quitté le 20 juillet (2017) dernier. Il a rejoint le monde des grands artistes. Un ange parmi les anges qui ont su donner le meilleur d’eux-mêmes, pour notre plus grand plaisir.

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Bien que né en 1929, (86 ans au moment où j’écris cet article le 30 juillet 2016*), Claude RICH aura toujours eu l’allure, en dépit de son âge, grâce à son physique, celle d’un jeune premier. Plus particulièrement encore, avec sa voix, si caractéristique, si légèrement éraillée. Elle n’a pratiquement pas changé au fil des années.

Destiné à travailler dans les assurances, il préfère le théâtre et c’est à 17 ans qu’il s’inscrit aux cours de Charles DULIN. Ainsi commence sa carrière, de comédien, d’acteur.

’ai découvert cet acteur au cinéma, lors de la sortie sur les écrans en 1967, donnant avec brio, la réplique à Louis de FUNES dans « OSCAR ». Quel talent face à l’immense De FUNES ! (Qui n’avait que peu de sympathie pour le jeune comédien-en dehors des scènes, ils ne se parlaient pas!!!). C’est toujours avec plaisir que je revois ce film avec lui, avec la brillante Claude GENSAC et aussi du regretté Mario DAVID. Un vrai bonheur !

J’aurais aimé le voir dans « Le Diable Rouge », dans le rôle de MAZARIN. Avec Geneviève CASILE – La Reine Anne D’Autriche, veuve du Roi Louis XIII et mère de Louis le Quatorzième du nom – Dans cette fameuse pièce, il interprète le Cardinal, celui qui aura été le mentor du futur Roi Soleil. Et ceci bien avant que COLBERT qui lui, brigue le poste de Surintendant des Finances, en lieux et place de Nicolas FOUQUET, ne vienne prendre une place importante auprès du célèbre souverain.

Un peu de SA VIE : C’est en 1959 (le 26 juin), qu’il épouse Catherine RENAUDIN, qui sera à l’écran et au théâtre Catherine RICH. Leur fille DELPHINE est également comédienne.

IL EUT ENTRE AUTRES DISTINCTIONS :

César du Meilleur second rôle, dans « La fille de D’Artagnan » (au côté de PH NOIRET et S.MARCEAU)

César d’Honneur en 2002

Molières 1987 : nomination au Molière du comédien pour Faisons un rêve

Molières 1990 : nomination au Molière du comédien pour Le Souper

Molières 2003 : nomination au Molière du comédien pour Les Braises

Molières 2006 : nomination au Molière du comédien pour Le Caïman

Molières 2009 : nomination au Molière du comédien pour Le Diable rouge

*Claude RICH est sans conteste l’un des meilleurs comédiens de sa génération. J’ai voulu, avec cet article, lui rendre un modeste hommage. A mon sens bien mérité.

REPOSEZ EN PAIX, M. Claude RICH, vous avez donné le plaisir que seuls les grands comédiens savent donner.

MERCI.

*1er article le 30/07/2016

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Daniele LEBRUN

Danièle LEBRUN: Théâtre, cinéma, TV ?  Entre les 3 son cœur balance !

Née en 1937, la jeune comédienne, ne semble pas avoir su choisir. Peut être parce qu’elle aimait aussi bien les uns que les autres.

Elle joue du Molière : « Georges Dandin », et devenue pensionnaire de la Comédie Française (entre 1958 et 1960) elle interprète « Les Précieuses ridicules »  « La cantatrice chauve » de Ionesco. Mais aussi Marivaux  « Le jeu de l’amour et du hasard » Et quelques autres pièces moins connues aujourd’hui du grand public. Mais aussi avec bonheur, « Domino » de Marcel Achard» ou encore « Exercices de styles » de Raymond Queneau.

Je préfère ne pas compter le nombre de pièces dans lesquelles elle joue un rôle. C’est étourdissant, de 1954 (OUI VOUS AVEZ BIEN LU !). Chaque année, des années 60, jusqu’en 2010, Madame LEBRUN aura interprété plus de 50 pièces.

Et puis au cinéma, entre tragique et comédie, elle joue entre autres avec de grands comédiens, comme Pierre Brasseur, Roger Dumas et Bernard Fresson. De 1960 à 2010. 50 ans de cinéma avec des réalisateurs comme J. Audiard,  Verneuil, C Berri. N.Trintrignant, N.Companeez. M. Kassovitz. Et bien d’autres.

 Elle jouera aussi avec Claude Brasseur (le fils de Pierre) à la TV dans les « Nouvelles aventures de Vidocq ». Mais ce n’est deux fois rien… A la TV elle commence en 1964 dans la « La cousine Bette » d’H. de Balzac et plus de cinquante apparitions à la TV.

Nominée plusieurs fois, elle ne fut récompensée que trois fois : en 1977, en 1992, avec  « le Molière de la comédienne dans un second rôle ».

Lorsque j’étais encore très jeune, j’écoutais Radio Luxembourg (RTL) ’il me semble me souvenir qu’elle prêtait sa voix à l’un des personnages féminins d’un feuilleton radiophonique dont j’ai oublié le titre

Comme aurait dit Jacques Martin : « Danièle Lebrun, une immense icône du spectacle sous vos applaudissements ! »

JJD 03 septembre 2016 

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MARCEL CUVELIER: « De tout, un peu et beaucoup… »

M.CUVELIER

Marcel Cuvelier est un acteur et metteur en scène français né le 14 mai 1924 à Glageon dans le Nord, et mort le 6 janvier 2015 à Paris.

C’est en 1950, qu’il effectue sa première mise en scène  A partir de 1951, il joue d’abord au Théâtre de Poche, puis au Théâtre de la Huchette, notamment  »La cantatrice chauve » de IONESCO.

Au cinéma, il a joué dans de multiples films. Le premier sera « Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle.

Et aussi « La vérité » de HG Clouzot, « Roger La honte ». Il jouera avec (entre autres) Georges Géret , J.P Belmondo, Bourvil, Yves Montand. On le voit aussi dans des téléfilms: « Les cinq dernières minutes », « les enquêtes du commissaire Maigret », « Vipère au poing » avec Alice Sapritch…

Comédien sur les planches il joua dans pas moins d’une quinzaine de pièces entre 1948 et 2010.

Autre corde à son arc, la mise en scène. Auteur, même si cela n’est pas l’essentiel de sa carrière.

En 1998 Il est nominé pour Molière du meilleur second rôle et en 2000, il reçoit le prix Théâtre de la SACD, et le Molière du meilleur second rôle pour « Mon père avait raison » de Sacha Guitry.

Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Jean Jacques Dupuy – septembre 2015 -

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Bernard D’Héran : « Un acteur.Une voix mais pas que… »

Né le 17 juin 1926 à Dieppe, Bernard Poulain – de son vrai nom -  a (presque) tout fait dans sa carrière que soit au théâtre, à la télévision ou au cinéma, mais aussi en doublages de grands acteurs anglais et américains.

Entré à la Comédie Française en 1953, sociétaire en 1961, il en est sorti le 31 décembre 1988.

Au théâtre dans la Maison de Molière, c’est une trentaine de pièces qu’il a interprété, que ce soit sous la direction et mise en scène de Jean Louis Barrault, de Robert Manuel ou encore de Pierre Mondy. Il fut aussi un habitué de la célèbre émission « Au Théâtre ce soir ».

Au cinéma, c’est souvent dans les seconds rôles, soit une centaine de films, comme « Le comte de Monte Cristo ( le procureur de Villefort) ou plus récemment dans « Ridicule » de Patrice Lecomte.

A la télé on l’aura vu dans de nombreux téléfilms entre 1961 et 2009. B.D’Héran fut aussi une « voix », il excella dans les doublages, notamment dans les rôles de « méchants ». Mais il doubla des grands noms du cinéma, comme Christopher Lee, Sean Connery, David Niven, Anthony Hopkins…

Bernard D’Héran, ne fut pas qu’une voix, ce fut un grand, un très grand comédien, que ce soit au théâtre à la télévision et au cinéma.

C’est le 27 janvier 2013 que sa vie s’est achevée à Marrakech.

Au revoir Monsieur.

Jean-Jacques DUPUY
14/02/2013

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Michel ROUX: « Amicalement…Notre ! »

Né le 22 juillet 1929 à Colombes, le comédien Michel ROUX a largement contribué en France au succès de
la série « Amicalement votre », où il prêtait sa voix à Danny Wilde interprété par l’acteur Tony Curtis.

Mais Michel ROUX fut avant tout un remarquable comédien du théâtre de boulevard, notamment dans la célèbre émission « Au théâtre ce soir  » dont il fut l’une des principales vedettes du fameux théâtre Marigny de 1966 à 1984.

Il a joué dans de nombreuses pièces sous la direction de Louis Velle, de Robert Manuel, de Pierre Dux, de
Pierre Mondy, Jean Le Poulain entre autres. Metteur en scène lui-même, cet autodidacte a dirigé les pièces d’auteurs comme Françoise Dorin, Barillet &  Gredy, Sacha Guitry….

Sur scène, on a pu l’applaudir dans des pièces de Poiret et Serrault, Francis Blanche, Ionesco ou encore
Robert Lamoureux.

Le doublage est aussi dans la palette des compétences de Michel ROUX. Il y a bien sur Tony Curtis, mais
aussi Peter Sellers (La panthère rose), Elvis Presley, Alec Guinness, Jack Lemmon, Michael Caine ou Vittorio Gassman.

C’est en 2006, qu’il fera sa dernière apparition au théâtre dans le Charlatan de R.Lamoureux.

Il s’est éteint le 2 février 2007 à Paris des suites d’une maladie cardiaque. Mais grâce aux DVD, on peut
encore aujourd’hui profiter du talent de ce grand comédien du théâtre populaire.

Le 24 novembre 2012

Jean Jacques Dupuy

 

 

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ILS NOUS ONT QUITTE EN 2011 ET depuis le 1er janvier 2012:

 

Roland DUBILLARD
Né le 02/12/1923
Décédé le 14/12/2011

Dramaturge, poète et comédien.
Au cinéma: « La grande lessive » de Mocky.
Molière de l’auteur en 2008 pour « Les diablogues

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Robert LAMOUREUX
Né le 04/01/1920

Décédé le 29/10/2011

Comédien, réalisateur, humoriste et auteur.

Au cinéma: « Papa, maman, la bonne et moi ».
Réalisateur des films de la série « La septième compagnie ».
Au théâtre, interprète de ses propres pièces.

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Denise GENCE
Née le 08/03/1924
Décédée le 29/09/2011

Comédienne.
Molière de la comédienne en 1990

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Paulette DUBOST
Née le 08/10/1910
Décédée le 21/09/2011

Comédienne.
Au cinéma, de 1931 à 2007: « Hôtel du Nord » de Carné,  »La règle du jeu » de Renoir, « Lola Montes » de  Max Ophüls, « Milou en Mai » de Malle.

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Jacques JOUANNEAU
Né le 03/10/1926
Décédé le 19/07/2011

Comédien.
Au cinéma: « French cancan » de Renoir, « Domicile conjugal » de Truffaut, « Chouans » de De Broca.

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Claude WINTER
Née le 18/02/1931
Décédée le 25/04/2011

Comédienne.
Au cinéma: « Les nuits fauves » de Collard.
Sociétaire dela Comédie Française de 1960 à 1988 et première femme administrateur général en 1988.

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Nadia BARENTIN
Née le 17/10/1936
Décédée le 22/03/2011

Comédienne.
Pris du syndicat de la critique de la meilleure comédienne en 1979.
A la télévision: « Louis la brocante ».

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Annie GIRARDOT
Née le 25/10/1931
Décédée le 28/02/2011

Comédienne.
Au cinéma : « Maigret tend un piège » de Delannoy, « Rocco et ses frères » de Visconti, « Vivre pour vivre » de Lelouch,  « Mourir d’aimer » de Cayatte.
César de la meilleure actrice en 1976 pour « Docteur Françoise Gailland » de Bertucelli, du meilleure second rôle féminin en 1995 pour « Les misérables » de Lelouch et en 2001 pour « La pianiste » de Haneke.
Meilleure actrice au festival de Venise en 1965 pour « Trois chambres à Manhattan » de Carné.
Molière de la meilleure comédienne pour « Madame Marguerite » et pour l’ensemble de sa carrière en 2002.

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Monique MELINAND
Née le 09/03/1916
Décédée le 16/05/2012

Comédienne.
Au cinéma: »Entrée des artistes » de Marc Allégret en 1938, « Le sang à la tête » de Grangier en 1956, « La gueule ouverte » de Pialat en 1973, « Le temps retrouvé » de Ruiz en 1998.
Au théâtre: première interprète de la pièce de Genet « Les bonnes » en 1947.
Dernière compagne de Louis Jouvet.

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Michel DUCHAUSSOY
Né le 29/11/1938
Décédé le 13/03/2012

Comédien.
Au cinéma: « Que la bête meure » de Chabrol, « Milou en mai » de Malle, « Amen » de Costa-Gavras.
Molière du meilleur comédien dans un second rôle en 2003.
A la télévision: « Un juge, un flic », « Zodiaque ».

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Jacques DUBY
Né le 07/05/1922
Décédé le 15/02/2012

Comédien.
Au cinéma: »Thérèse Raquin  » de Carné, « Le clan des siciliens » de Verneuil.

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Jean-Jacques BRICAIRE
Né le 14/05/1921
Décédé le 14/02/2012

Homme de théâtre.
Directeur du Théâtre Marigny de 1965 à 2000.
A produit 416 pièces pour « Au théâtre ce soir » à la télévision.

 

Sophie DESMARETS
Née le 07/04/1922
Décédé le 13/02/2012

Comédienne.
Au cinéma: « 120, rue de la gare » de Daniel-Norman, « Ces sacrées vacances » de Vernay, « Le mur de l’Atlantique » de Marcel Camus.
Au théâtre: « Fleur de cactus », « Peau de vache ».

 

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Geneviève CASILE «  La grande Dame du Théâtre ! »

 

L’ex-sociétaire de

la Comédie Française de 1961 à 1994 a vu le jour à Boulogne Billancourt.

Durant toute sa carrière dans la maison de Molière, elle a enchaîné les rôles plus variés. Jouant aussi bien Cocteau, que Marcel Achard, Jean Poiret, ou encore Shakespeare, Giraudoux, Feydeau…Mais ses prestations sur les planches, ne se limitent pas à celle de la prestigieuse maison. Elle jouera aussi sur d’autres scènes dans des pièces de Racine, de Maupassant ou de Guitry.

 

Si ses apparitions sur le grand écran sont peu nombreuses, c’est grâce à la télévision que j’ai découvert à l’époque déjà lointaine, où les programmes offraient des séries et des feuilletons de qualité, bien français, mais pas franchouillards. On a pu la voir notamment dans « Les Hauts de Hurlevent » aux côtés de Claude Titre (comédien aujourd’hui disparu) et dans les « Rois Maudits » de Druon (la première version, celle de 1972, qui méritait d’être regardée…) avec Jean Piat, Louis Seigner, Hélène Duc, et tout jeune comédien qui a fait son chemin un certain Jean Luc Moreau.

 

Si elle n’a jamais regretté de quitter

la Comédie Française, elle n’a pour autant renoncé à la scène. Dernièrement elle était aux côtés  de Claude Rich dans le « Diable Rouge » et triomphait dans « Léocadia » avec pour partenaire Davy Sardou.

Depuis 50 ans, Geneviève Casile, aura vraiment été

la Grande Dame du Théâtre

 

 

JJD le02 juillet 2011 

 

 

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Laurent TERZIEFF : Laurent le Magnifique…Ou le feu Sacré !

Laurent TERZIEFF est né en 1935 le 27 juin dans cette si belle ville rose qu’est Toulouse. Il aura consacré sa vie au théâtre, comme comédien, mais aussi comme metteur en scène, sans oublier le cinéma qui lui doit beaucoup.

 

C’est avec la comédienne Pascale de BOYSSON (décédée en 2002), qui fut sa compagne dans la vie et sur la scène, qu’il fonde en 1961, la « Compagnie Laurent TERZIEFF » .

 

Dès son plus jeune âge, Laurent décide de devenir acteur. Après avoir fait ses touts débuts sur scène alors qu’il n’a que l7 ans

C’est en 1958 qu’ il va faire son apparition à l’écran auprès d’une toute jeune comédienne - encore peu connue – du nom de Brigitte BARDOT dans « Les tricheurs » d’un certain…Marcel CARNE !

Le garçon au visage émacié au regard empreint de mélancolie, tiendra aussi un grand rôle aux côtés de BOURVIL dans  « Les culottes rouges » d’ Alex Joffé (1962).

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C’est là, que j’ai pour la toute première fois, été fasciné par le charisme (à l’époque, je ne savais pas ce que ce mot pouvait bien signifier…) de cet acteur au physique ingrat. BOURVIL, que j’aimais pourtant beaucoup, et que j’aime toujours autant, ce jour là, a été pour moi relégué au rôle secondaire.

 

L.TERZIEFF est décédé le 2 juillet 2010. Pour lui rendre hommage la télé a rediffusé « L’habilleur » (2009) de Ronald HARWORD. Dire qu’il était grandiose dans son rôle de comédien vieillissant, ne serait pas lui faire honneur. J’ai tellement ressenti ce soir là, le feu dévorant qui habitait ce personnage qu’il interprétait que je dirai tout simplement qu’il y était MAGNIFIQUE !!! C’est (aussi) ça le Théâtre! Avec un grand « T » comme TERZIEFF.

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LOUIS JOUVET : « Un personnage incarné »

 

« L’acteur habite un personnage, le comédien est habité par lui »

 

Cette citation de Louis JOUVET, donne absolument l’idée qu’il se faisait du cinéma et du théâtre, sa préférence, allant à ce dernier auquel il consacra l’essentiel de sa carrière, même si le grand écran lui offrit des rôles inoubliables et des répliques légendaires.

 

Né la veille de Noël 1887 en Bretagne à Crozon (29), le jeune Louis, qui allait devenir quelque temps plus tard un immense comédien, metteur en scène, professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique et directeur de théâtre, a d’abord entrepris à Paris, des études de pharmacien, il obtint d’ailleurs son diplôme en 1912. La même année il se marie et aura 3 enfants

 

C’est déjà son attirance pour le théâtre qui domine face au métier d’apothicaire. Il se présentera trois fois sans succès au concours d’entrée du Conservatoire d’Art dramatique de Paris. En 1913, il rejoint le Théâtre du Vieux Colombier dirigé par Jacques COPEAU. Là il y exerce à peu près toutes les fonctions jusqu’à devenir enfin comédien. Il restera dans la troupe de Jacques COPEAU jusqu’en 1922. A ce moment il entame sa carrière de metteur en scène dans sa propre troupe.

Son premier immense succès sera « KNOCK ou le triomphe de la médecine » de Jules ROMAIN  qu’il jouera 1500 FOIS !!!, avant de reprendre ce rôle deux fois au cinéma. Ce n’est d’ailleurs pas la seule adaptation théâtrale qu’il reprendra sur grand écran, il y eut aussi l’inoubliable « Volpone » avec son ami Charles DULLIN.

 

Si le comédien tourna dans plus de 30 films, c’est plus de 100 spectacles qu’il joua sur scènes.

 

Sa passion pour le théâtre est telle qu’elle l’amènera à jouer son propre rôle dans « Entrée des artistes » de Marc ALLEGRET et la « Fin du jour » de  Julien DUVIVIER, où il est un acteur tellement habité par les personnages qu’il interprète que la folie s’empare de lui. Louis JOUVET s’attachera d’ailleurs avec acharnement à démontrer l’importance de la distance que le comédien doit prendre avec les personnages qu’il interprète.

 

A ce propos on raconte qu’alors qu’il enseignait, une jeune femme de ses élèves qui interprétait en extrait le rôle de Camille (dans Horace de Corneille) le fit avec tant de fougue, que sa prestation achevée, tous les élèves l’applaudirent chaudement. L.JOUVET, lui aurait simplement dit : « C’était bien ma petite, mais j’aurais préféré voir la colère de Camille plutôt que la tienne » 

Le comédien n’aura cessé de mener une réflexion sur son métier. Entre 1939 et 1950, il rédige des notes, avant, après, les spectacles dans lesquels il joue, ou qu’il met en scène. Pendant les répétitions ou lorsqu’il donne ses cours. Ses notes ont été rassemblées, classées par chapitres pour en faire « Le comédien désincarné », un magnifique ouvrage que tout artiste de théâtre se devrait d’avoir à portée de la main. Une mine de réflexions ou il fait bon se plonger, lorsque l’on s’interroge sur sa place et sur son rôle. Débutant ou confirmé, on y trouve toujours matière à s’améliorer, car point n’est besoin d’être malade pour vouloir aller mieux.

 

Louis JOUVET est mort le 16 août 1951 des suites d’un infarctus, sur scène, alors qu’il dirigeait une répétition. Ce jour là, un pilier du théâtre s’est effondré.

« On fait du théâtre parce qu’on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même, de ne pas pouvoir être soi même et qu’enfin on va pouvoir l’être » (Le comédien désincarné – chapitre « vocation ») 

 

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JACQUES WEBER : Le talent tout simplement

 

Comédien, mais aussi réalisateur et scénariste, Jacques WEBER a vu le jour le 23 août 1949. Il sait tout faire. A tel point qu’il en est impressionnant. Sa passion c’est le théâtre, même s’il se laisse aller au cinéma, un peu à la télévison , mais sa véritable carrière c’est sur les planches qu’il la mène évidemment comme acteur, mais aussi comme metteur en scène.

Car c’est très tôt qu’il se passionne pour l’art dramatique. Il suivra les cours du Conservatoire dont il obtint alors qu’il n’avait que 20 ans, le Prix d’Excellence. Reçu àla Comédie Française, il refusa d’y entrer préférant rejoindre la compagnie de  Robert Hossein .

Fidèle aux grands classiques, il joue Molière, Diderot, Shakespeare, Racine, mais aussi des auteurs contemporains, comme Brecht ou encore plus récemment Pagnol et Eric – Emmanuel Schmitt

Jacques WEBER, qui exprime dans la vie ses idées, ses opinions, comme sur la scène, tout comme j’aime: avec talent tout simplement.

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 Fabrice LUCHINI: C’est du lourd !

Le comédien à la verve intarissable, à la diction si particulière et tellement reconnaissable fait le bonheur, certes des imitateurs, mais aussi du public.

Né à Paris le 1er novembre 1951, le jeune Robert (son véritable prénom) qui a grandit dans le quartier de La Goutte d’or, commence sa vie professionnelle comme apprenti coiffeur. C’est là qu’il prend le prénom de Fabrice, Robert étant peu apprécié de son patron.

Le jeune Luchini, peu doué pour les études a néanmoins le goût de la littérature, c’est en autodidacte qu’il découvre les grands auteurs, comme Balzac, Flaubert ou encore Marcel Proust.

Philippe LABRO va le remarquer dans une boite de nuit et lui donner en 1969 son premier rôle au cinéma dans « Tout peut arriver ».

Mais ce sont ses rencontres avec Eric RHOMER et Jean Laurent COCHET, dont il suit les cours d’art dramatique qui lui feront acquérir un début de notoriété et une passion pour le théâtre.

Depuis ses débuts, le comédien a tourné dans plus de 50 films. A noter sa remarquable prestation dans « Beaumarchais l’insolent » – un rôle taillé sur mesure – Et celle non moins étonnante auprès de Johnny Hallyday dans « Jean Philippe » où il incarne un fan – fou du célèbre chanteur.

Il fait quelques apparitions à la télévision, mais c’est sur scène et au cinéma qu’il donne toute la mesure de son talent.

Après avoir lu des textes de Jouvet, Céline ou encore de
La Fontaine, depuis 2006, il ravit le public des théâtres parisiens et triomphe dans « le point sur Robert » en lisant ses propres textes mais aussi Paul Valéry, Molière, Barthès…

Plusieurs fois nominé, il obtient en 1994 le César du meilleur acteur pour son rôle dans « Tout ça pour ça » de Claude LE LOUCH et en 2002 le Prix du brigadier pour sa reprise de « Knock ou le triomphe de la médecine ».

On aime ou on aime pas LUCHINI il ne laisse pas indifférent, car il faut reconnaître que quand il campe un personnage ou qu’il se met à délirer, c’est quand même énorme ! Fabrice LUCHINI, c’est du lourd !

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Michel SERRAULT : Capable de tout… Jouer « Si l’acteur ne bouscule pas la réalité pour aller plus loin dans les émotions ou dans le rire, ce n’est plus un artiste. » (M. Serrault) 

 

Il n’y a pas eu que la très célèbre « Cage aux folles » dans l’immense carrière de Michel SERRAULT. S’il reste inoubliable sur scène et au cinéma dans le rôle de Zaza Napoli, il n’en demeure pas moins un comédien aux multiples talents. Drôle, déjanté, sympathique, inquiétant, émouvant… Il laisse le souvenir d’un acteur capable de jouer sur une vaste palette et dans les registres les plus variés, traduisant magnifiquement les émotions les plus disparates.

Né en 1928, le jeune Michel hésite entre deux passions « Faire rire et m’occuper de Dieu » . C’est finalement le rire qui l’emporta.

Au cinéma, il débute en 1954 dans « Les diaboliques » de Clouzot aux côtés de Paul Meurisse et Simone Signoret.

Son ami Jean Pierre Mocky le fit tourner dans de nombreux films, notamment dans « Le Miraculé » en 1997, où il joua pour la dernière fois avec son vieux complice, rencontré en 1952, Jean Poiret.

A la suite du décès accidentel de l’une de ses filles, il passe des rôles comiques à des interprétations plus dramatiques : « Les fantômes du chapelier » avec Charles Aznavour – « Mortelle randonnée » avec Isabelle Adjani et Alain Souchon – « Garde à vue » avec Lino Ventura, où sa composition d’un notaire de province accusé de viol et de crime sur les personnes de deux petites filles, lui vaudra d’être récompensé d’un César.

Entre 1954 et 2007 (année de sa mort), il enchaîna jusqu’à 7 films par an.

Sa carrière théâtrale fut plus émaillée. Souvent interprète de Jean Poiret, il fut très régulièrement dirigé sur scène par Pierre Mondy, notamment dans « Knock ou le triomphe de la médecine » de Jules Romain, où il reprit le rôle tenu avant lui par Louis Jouvet.

Imprévisible gouailleur, improvisant dans l’absurde, il était le cauchemar des animateurs de la télévision, lors d’émissions en direct. Il fut d’ailleurs quelque temps interdit de plateau TV pour être apparu dans l’une d’elles totalement dénudé.

Michel SERRAULT nous a quittés le 29 juillet 2007, mais grâce à ses films, il restera dans le souvenir de ses admirateurs, comme un très grand comédien qui aura su autant les faire rire que les émouvoir.

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 Marthe MERCADIE-MEYRAT dite Marthe MERCADIER  - « La dame du boulevard… »- est née en 1928, le 23 octobre à Saint Ouen (Seine St-Denis). Pendant la seconde guerre mondiale alors qu’elle n’est encore qu’adolescente, elle combat dans la résistance l’occupant nazi.

C’est au cinéma, mais surtout au théâtre, puis grâce à la télévision que la bouillonnante et pétillante comédienne peut laisser s’exprimer son talent. Le « boulevard » est son terrain privilégié, elle a pour partenaires des grands noms du cinéma et de la scène : de Funès, M.Galabru, Michel Roux…On la voit à l’écran avec Fernandel dans « Le bon roi Dagobert »

Au théâtre et à la télévision dans la célèbre émission « Au théâtre ce soir », elle joue avec sa gouaille habituelle des auteurs comme Feydeau, Poiret, Salacrou, Roussin… Et plus récemment Olivier Lejeune (évidemment !). Deux pièces de Marc-Gilbert Sauvajon marqueront aussi sa carrière : « Les enfants d’Edouard » et « 13 à table ». Cette dernière étant l’une de ses pièces préférées.

Dernièrement, elle jouait « le Squat » en compagnie de Claude Gensac (comédienne qui incarna souvent l’épouse de Louis de Funès dans ses films – notamment dans le célèbre « Oscar »).

Le talent de la Dame du Boulevard  fut récompensé par le Molière du meilleur spectacle comique en 1985 pour « La Présidente » de Jean Poiret, dans une mise en scène de Pierre Mondy.

En 2007, elle est nommée Chevalier de la légion d’honneur.

En 2005 elle publie ses mémoires sous le titre « Le rire est mon refuge ». J’ai envie de lui dire : « surtout ne changez rien Mademoiselle, car votre refuge, il se trouve que c’est aussi le mien ».

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 Michel Bouquet : Michel Bouquet demeurera l’un des artistes du théâtre et du cinéma, les plus représentatifs de la seconde moitié du XXème siècle.    Michel Bouquet est né en 1925, le 6 novembre, à Paris. Il a 18 ans, lorsqu’il entreprend de suivre les cours du Conservatoire d’Art dramatique en compagnie d’un autre jeune homme: Gérard Philippe. Et en 1944, il effectue ses débuts sur les planches, il joue dans « Tartuffe », et aussi dans « Robespierre » de Romain Rolland, où il incarne le rôle titre. En plus de 60 années de carrière, Michel Bouquet, marque, aujourd’hui encore, le théâtre et le cinéma. Plus de 60 pièces de théâtre à son actif. Une présence – effective- dans plus de 60 films, j’ai noté qu’il avait, dans les années 70, tourné quelques fois, au cours de la même année, dans 7 films différents ! Et c’est sans compter la télévision où il débute en 1952 ! On le verra sur le petit écran dans pas moins de 50 téléfilms. Notamment, dans « les 5 dernières minutes » avec l’inoubliable Raymond Souplex (je vous parle d’un temps… que certains n’auront pas connu !) Et puis plus récemment, aux côtés de Bruno Cremer, dans la série des « Maigret ». Au théâtre, s’il joua de nombreux auteurs, c’est tout de même Molière, Shakespeare, Anouilh (bien sur), Camus et Harold Pinter qu’il honora le plus. Pardon, pour les autres…Tant ils furent nombreux ! Au cinéma, il fut l’un des acteurs vedette de Claude Chabrol, notamment avec Stéphan Audran (qui fut l’épouse du réalisateur). Sa carrière artistique a été récompensée – trop peu de fois, je pense- « Molière »: -1998 : Molière du comédien pour «Les Côtelettes» -2005 : Molière du comédien pour «Le Roi se meurt» « César »  :  -2002 : César du meilleur acteur pour « Comment j’ai tué mon père » -2006 : César du meilleur acteur pour « Le Promeneur du Champ-de-Mars » C’est dans ce dernier film, qu’il incarne en François Mitterrand, une véritable force tranquille. ______________________________________________________________________________

Jean Poiret: 

Jean Poiré (son vrai nom) est né à Paris le 17 août 1926. Il est décédé à l’âge de 65 ans, dans son appartement parisien, d’une crise cardiaque. Il repose au Cimetière du Montparnasse.

Après avoir été marié de longues années avec Françoise Dorin, en 1989 il épouse la comédienne Caroline Cellier.

Comédien, réalisateur, scénariste, auteur, Jean Poiret a mené une carrière artistique au théâtre et au cinéma en solo, mais c’est le tandem, qu’il forma avec son complice et partenaire Michel Serrault, dont on se souviendra, notamment avec la fameuse « Cage aux folles ».

C’est en 1952 qu’il fait la rencontre de Michel Serrault. Le duo se retrouvera à plusieurs reprises au théâtre et au cinéma.

Pour le grand écran, sa carrière est loin d’être négligeable, mais je me souviens surtout de son personnage de l’inspecteur Lavardin de Claude Chabrol. Ce rôle de flic cynique, lui allait à merveille…

Sur les planches, il joue (souvent sous la direction de Pierre Mondy) Neil Simon, André Roussin, Feydeau, Barillet et Gredy, mais aussi ses propres pièces: Joyeuses Pâques, Douce-Amère et bien sur La Cage aux folles. Son interprétation avec Michel Serrault, d’un couple homosexuel fut un véritable triomphe. La pièce tient l’affiche pendant 5 ans. La capacité d’improvisation des deux comédiens était telle que le spectacle prévu pour durer deux heures, pouvait facilement se prolonger une heure de plus. A tel point que nombreux furent des spectateurs, obligés de rentrer chez eux à pied faute de métro !!!

C’est en 1992, l’année de sa mort qu’il réalise son unique film « Le Zèbre » avec Thierry Lhermite et Caroline Cellier . Il n’assistera jamais à la sortie du film. 

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Pierre Arditi : Il est né en 1944 à Paris. C’est sa soeur la comédienne Catherine Arditi qui va l’encourager à se lancer dans une carrière artistique.

Il devient très rapidement un véritable touche à tout: cinéma, télévision, doublage de voix et bien sur théâtre. Son talent l’entraîne dans un enchaînement de films, de téléfilms, de pièces qui lui valent, outre la célébrité, de nombreuses récompenses: Molière du meilleur second rôle pour la pièce « La Répétition ou l’amour puni », César du meilleur second rôle, du meilleur acteur….Sept d’or du meilleur comédien…

Sa voix grave et chaude, l’amène tout naturellement a être sollicité pour des doublages. C’est ainsi qu’il prête sa voix à Michael Brandon, à Patrick Duffy, à Christopher Reeve…

Si l’on voit régulièrement Pierre Arditi dans des téléfilms et sur le grand écran, il ne délaisse pas pour autant le théâtre. Loin de là. Puisque chaque année depuis 1965 on peut l’applaudir sur les scènes parisiennes, le plus souvent dans des mise en scène de Bernard Murat avec qui il joue actuellement  »L’éloignement » de Loleh Bellon (cf. Coup de coeur-Coup de gueule du 2 mai 2009). Prochaine pièce en septembre 2009, sous la direction du même Bernard Murat.

Véritable boulimique de  travail, il fait aujourd’hui partie de ses comédiens Français incontournables. Talentueux, mais tellement abordable. Un grand Monsieur? Sans doute. Un grand Artiste incontestablement.

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Sorano de Bergerac: Nous sommes au tout début des années 60. Il faut avoir vu ce soir là, ce que j’ai vu à la télévision, (qui s’appelait RTF à cette époque) pour proclamer haut et fort que jamais le personnage tendre et fantasque de Cyrano ne fut aussi bien rendu que par le regretté Daniel Sorano. J’en ai vu d’autres interprétations, mais jamais acteur à mes yeux, n’aura donné autant de vie, de grandeur, de magnificence au personnage au grand nez d’Edmond Rostand. Daniel Sorano est à jamais pour moi CYRANO DE BERGERAC.

Né en 1920 à Toulouse, mort à 41 ans,  il joua aux côtés de grands comédiens comme Gérard Philippe, Georges Wilson, Jean Topart, Noiret, Galabru, Blier… Daniel Sorano, fut le personnage de Cyrano à la télévision pour Claude Barma.  C’est lors d’une rencontre fortuite avec le comédien, que le réalisateur eut la géniale idée de « faire » ce Cyrano. Comme quoi, il est des coups de coeur qu’il ne faut rater sous aucun pretexte !

Daniel Sorano joua bien d’autres rôles au théâtre et au cinéma, mais il restera éternellement Cyrano. On dit qu’il se fit inhumer avec le costume et l’épée du film, tout comme Gérard Philippe fut inhumé dans le costume de Rodrigue du Cid.

 

Je me souviens de ce film télévisé, de cette pièce, comme si c’était… avant hier. A cette époque à la télévision, en noir et blanc bien sur, on diffusait des spectacles de théâtre, en direct. Ce fut je crois le cas (en partie) pour ce « Cyrano » On y renviendrait aujourd’hui et c’est tant mieux, car la télévision, n’est pas, ne doit pas être là pour concurrencer le spectacle vivant, mais pour le renforcer.

Je ne suis pas passéiste, mais ne jetons pas par dessus les moulins ce qui est, ce qui fut bon. Il est des valeurs qui ne se déprécient pas. Je fais partie de celles et ceux qui plaideront et se batteront toujours pour la sauvegarde de cet art qu’est le théâtre populaire. Le public, c’est à dire « nous », car nous le sommes tous à un moment où un autre, et nous le valons bien (parodie de pub…), nous les auteurs, les comédiens, nous devons être les gardiens actifs de ce théâtre là, qui ne se démodera que si nous menons des combats d’arrière garde, ou pire encore le délaissons au profit de la lucarne formatée, audimatée.  

Moi, j’ai la tête dans les étoiles et je suis dans lune, mais comme Cyrano   »A la fin de l’envoi, je touche ».

Merci Monsieur Daniel Sorano. Vous fûtes sans doute sans le savoir, un des semeurs de germes, qui donnèrent à l’enfant que j’étais alors, l’envie (confuse) d’être un jour sur les planches, pour le temps d’une pièce, quelqu’un d’autre que moi même…

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Ludmila Mikaël: La grande comédienne Ludmila Mikaël est en mai 2009 de retour au théâtre, elle y interprète le rôle de Claire Lannes dans « L’amante anglaise » de Marguerite Duras. L’auteur, pour écrire cette pièce qui fut d’abord un roman s’est inspirée d’un fait divers sanglant qui se déroula en 1949. Une femme, Amélie Rabilloud tua son mari, le dépeça, le découpa et dispersa les morceaux du cadavre.

Née en 1947, Ludmila Mikaël intègre la Comédie Française en 1967. Au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, elle fut l’élève de Louis Seigner. Destinée au théâtre, cela n’empècha pas la comédienne de se retrouver sur le grand écran, mais le plus souvent dans des second rôles. Elle joua notamment avec Yves Montand dans « Vincent, François, Paul et …les autres » de Claude Sautet en 1974.

Elle quitte la Comédie Française en 1987 où elle interpréta des rôles très différents: Mariane dans le Tartuffe de Molière, Camille dans Horace de Corneille, Viola dans la nuit des Rois de Shakespeare, elle joua aussi Racine, Montherlant, Musset… Mais également Rostand, Tchekhov et aussi Anouilh, Claudel et Guy Foissy dans « Ceur à deux ».

A la télé, on la voit un peu plus régulièrement depuis 2005, elle y fut, entre autres, Sarah Berhardt et au cinéma elle interpréta en 2007, le rôle de Françoise dans  » le Coeur des Hommes 2  » de Marc Esposito.

Elle a été nominée à plusieurs reprises pour le Molière de la meilleure comédienne qu’elle obtint en 1992 pour « Célimène et le Cardinal ».

Aujourd’hui sur la scène du théâtre de la Madeleine à Paris, elle est parait il magistrale. Elle l’est. Je n’en doute pas un seul instant.

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Jacqueline Maillan « une de Funès en jupons »: Née en 1923, est la 3ème fille d’un ingénieur du chemin de Fer. Très tôt, elle se révèle mauvaise élève, mais sa frimousse, sa séduction et ses réparties font d’elle une « chouchoute » de ses professeurs, au lieu d’être considérée comme ce qu’elle était (vraiment) une mauvaise élève…!

Très tôt elle est attirée par le théâtre. A son arrivée à Paris en 1944, au Cours Simon, elle rencontre Pierre Mondy et c’est là qu’elle commence véritablement sa carrière de comédienne.

Artiste complète jusqu’au bout de sa vie, « la Maillan » fut aussi remarquable sur les planches, avec Robert Dhéry, F. Blanche et bien d’autres, que sur le grand écran notamment avec R.Girault et surtout avec L.De Funès  dans le fameux « Pouic-Pouic », un film que je ne me lasse pas de revoir de temps à autres.

Mais dans ma mémoire, elle restera à jamais gravée, dans les rôles qu’elle interpréta pour la télé, dans la fameuse émission  »Au théâtre ce soir ». Je me souviens bien sur de « Folle Amanda », de « Potiche  » …

Et puis comment oublier son fameux duo – en 1970 – avec Bourvil dans « Ca » une parodie de « je t’aime moi non plus » .(cf lien ci-dessous).

Elle fait partie de ses comédiennes (trop rarement connues) qui pour moi, marquent la scène d’une empreinte ineffaçable.

Jacqueline Maillan tirera définitivement le rideau, peu de temps après son ami Jean Poiret en 1992, emportée par une crise cardiaque, alors qu’elle jouait seule en scène « Pièce montée » de P.Palamade.

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François Chaumette: « Belphégor… ou enfin la célébrité » ! 

J’ai découvert François Chaumette au cinéma dans « le bossu ». Il incarnait aux côtés de Jean Marais, l’infâme Prince de Gonzague. Mais c’est en 1965, dans la fameuse série télévisée « Belphégor », où il tenait le rôle de l’enigmatique Boris Williams qu’il devint véritablement  connu du grand public et qu’il acquit la célébrité.

C’est pourtant au théâtre, qui l’attire, qu’il commence sa carrière de comédien. En 1943, (il a tout juste 20 ans) il participe aux côtés de Gérard Philippe à la création de « Sodome et Gomorrhe ». Défenseur du théâtre d’avant garde, il joue Gide, Ionesco, Beckett. En 1957, il entre à la Comédie Française, il y restera 27 ans avant de démissionner pour incompatibilité d’humeur avec l’administrateur de l’époque, Jean le Poulain. 

Comme pour beaucoup de grands acteurs de théâtre, sa filmographie ne fut pas particulièrement marquée de chefs d’oeuvres.

Il décède à 72 ans en 1996 des suites d’un cancer.

Il demeure dans ma mémoire un fascinant comédien.

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Georges Descrières: « Un gentleman … »

Avant et après avoir endossé avec élégance la cape et le haut de forme du célèbre personnage de Maurice Leblanc de 1971 à 1974 à la télé, G. Descrières né à Bordeaux en 1930, a occupé aussi bien le grand écran que la scène.

Comédien de formation (Conservatoire de Bordeaux et Conservatoire national supérieur d’art dramatique à Paris), c’est à l’âge de 24 ans, en 1954,  qu’il fait ses débuts au cinéma dans le Rouge et le Noir de C.Autant-Lara et en 1958 devient sociétaire de la Maison de Molière, qu’il quittera 37 années plus tard ! – Il y était déjà engagé depuis 1955 -

A la Comédie  Française et au cinéma, son port altier, son élégance naturelle, son charme, lui valent d’obtenir le plus souvent d’interpréter des personnages hauts en couleurs qu’il saura bien entendu mettre en valeur. C’est ainsi qu’en 1961, il tient le rôle d’Athos, dans la version de Bernard Borderie en compagnie de Daniel Sorano (Richelieu), de Gérard Barray (d’Artagnan) et où il retrouve Jacques Toja (Aramis) qui fut comme lui, élève dans la classe de Denis d’Inès au Conservatoire National d’art dramatique.

Georges Descrières a joué Molière, Corneille, Beaumarchais, Marivaux mais aussi Musset, Claudel, Montherlant, Péguy, Guitry, Feydeau, Achard… et bien d’autres. Mais sa popularité est au sommet lorsqu’il incarne dans le rôle-titre, le mytique gentleman-cambrioleur Arsène Lupin.

Je dois avouer que si d’autres comédiens ont endossé le personnage de Lupin,  c’est incontestablement à lui que revient – à mon avis – la meilleure interprétation.

Un gentlleman sans aucun doute. Cambrioleur ? En tout cas, G.Descrières n’aura pas volé le succès qui est le sien !

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Jean Piat « Entre la scène et la télé …c’est complet… »:

Acteur, écrivain, homme de théâtre, de cinéma, de télé, Jean Piat est né dans le Nord en 1924. Quand on connaît les multiples facettes de ce très grand artiste, on est en droit de se demander, s’il n’y aurait pas eu un grand vide dans le monde du spectacle, si par un hasard malheureux, Jean Piat n’existait pas !!!

J’avoue, sans honte que j’ai découvert Jean Piat dans la petite lucarne, à l’époque ou la TV était encore  en noir et blanc. Il interprétait un remarquable Lagardère. Moi qui fut adolescent (et qui suis aujourd’hui encore) un fervent amateur des romans d’ Alexandre Dumas, d’Eugène Sue et de Paul Féval (« Le Bossu » – notamment), j’ai vu là un acteur qui pour moi incarnait avec panache, le personnage d’Henri de Lagardère (tel que je me le représentais – bien sur).

Et puis encore à la télé. Comment ne pas se souvenir de Robert d’Artois dans les « Rois Maudits »? Je parle bien sur de la première version télévisuelle du roman de Maurice Druon, celle de Claude Barma…La meilleure !

Mais Jean Piat est avant tout un homme de théâtre. Il entre dans la Maison de Molière en 1947, qu’il quitte en 1972. Au théâtre j’ai dénombré plus de 100 rôles qu’il interpréta. Il fut notamment 350 fois Cyrano de Bergerac (que j’ai eu l’occasion de citer sur une  autre page, à propos de Daniel Sorano- voir aussi le propos de Gérard dans « eux aussi s’en sont mailés »).

Jean Piat joue des auteurs comme Guitry, André Roussin, Feydeau, Marivaux, Lamoureux, Robert Thomas et tant d’autres, sans oublier bien sur Molière. Et sous la direction de grands metteurs en scène de théâtre, comme Pierre Dux et Georges Wilson, Mondy…entre autres. Comédien de grand talent, il excelle tout autant dans les grands rôles classiques que dans le boulevard.

Son dernier rôle sur scène avec Maria Pacôme : »La Maison du Lac »  d’ Ernest THOMPSON, Adaptation de Jean Piat, Dominique Piat et Pol Quentin
Avec Christian Pereira , Damien Jouillerot , Béatrice Agenin , Patrice Latronche. Mise en scène:  Stéphane HILLEL

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