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LE COMEDIEN: « Etre un autre, entre rires et larmes, le temps d’un jeu »

Vouloir être comédien, le devenir, en rire, en pleurer, sans jamais se lasser de ne plus être tout à fait soit même, le temps d’un jeu, entrer dans la peau d’un personnage, n’est pas aisé, mais il est encore plus difficile de savoir s’en extraire, lorsque l’on s’est accoutumé à être ce quelqu’un d’autre.

Il est des comédiens qui « jouent faux ». – C’est le public qui le dit – Parce qu’ils n’entrent pas véritablement dans la peau de leur personnage. Pour « jouer  juste », encore faut il avoir du talent (qui s’acquiere)*, mais surtout il convient « d’habiter – de se revêtir des oripeaux et de la peau » de celui- de celle - que l’on interprète. C’est un art, car on ne nait pas comédien, on le devient à force de travail sur soi, sur sa voix, sa gestuelle.  Il est bon de travailler ainsi et d’y prendre plaisir.

Jouer est un plaisir, mais il peut devenir hantise, cauchemar, pour celui ou celle qui ne sait s’extraire de son rôle. La folie guette le comédien, tellement habité de son personnage qu’il le devient et le reste même une fois sorti de scène.

Pour illustrer ce propos, lorsque j’animais pour des populations (Dirigeants, cadres, animateurs…)devant intervenir devant  un public, un stage de formation portant sur l’art oratoire, j’utilisais (notamment) deux textes que j’avais rédigé à 10 ans d’intervalle. Le premier s’intitule « le comédien ». Il a pour objet de montrer simplement la différence qu’il doit y avoir entre le personnage et celui qui l’interprète. Le second, « Mauvais » est un (auto) portrait sans concession du comédien – cabot. Celui qui en fait trop, en croyant trop bien faire. 

On prête ce propos à la comédienne Sarah Bernarhdt, qui s’adressant à une jeune comédienne débutante, lui demanda, si elle avait le trac. « Oh non Madame! « lui aurait répondu l’ingénue. - »Ne vous inquiètez pas mon petit, cela viendra avec le talent! » lui aurait répondu la grande Sarah.

Le comédien

Etre comédien, c’est découvrir un être surgi de l’imagination de l’auteur: le personnage. Le comédien va apprendre à le connaître un peu, puis un peu plus. Il va fouiller sa vie, chercher ses forces, ses faiblesses, ses élans cachés; il va le disséquer pour s’en imprégner, puis l’habiter, penser, marcher, respirer, vivre comme lui.

Le comédien s’habituera à ne plus être tout à fait lui même, ni tout à fait l’autre. Parce que jouer, ce n’est pas être un autre, c’est lui ressembler. Le personnage, n’existe que dans l’imaginaire, il ne vit et ne doit vivre que le temps du jeu, le temps de l’interprétation.

L’acteur invente, joue à rire, à pleurer, à aimer, à souffir, mais il ne rit pas, il n’aime pas, il ne pleure pas, il ne souffre pas. Il joue à…

Il donne l’illusion à son complice le public, mais sans tricher. Et le public se laisse emporter, bercer, charmer. Il joue le jeu. Il rit du personnage, pleure avec lui, mais il applaudit ou siffle l’interprète…. Et puis les feux s’allument, le décor devient familier et le comédien s’anime. Il est. Il va, le temps d’un acte, d’une scène, donner du rêve. De la voix, du geste, il va imprimer son passage. L’acteur a disparu, il n’y a plus qu’un être que l’on va se surprendre à aimer, à haïr. Le personnage.

« Mauvais « (extrait)

Mauvais comédien, mauvais acteur, mauvais farceur ! Tu es un pître glacé, un clown dérisoire sans son nez. Très éloigné des sommets de ton utopique splendeur !

…Tes larmes coulent sans le moindre chagrin, tes pleurs n’émeuvent plus que toi même, lorsque pitoyable, tu te prends encore à en chercher les preuves lamentables, au fond, très loin, d’un miroir sans tain.

…Tes rires, tes éclats de voix, sont aujourd’hui sans résonance. Tu ne fais plus recette à vouloir nous distraire, à te croire risible…!

…Il faut bien aujourd’hui te l’avouer, tu n’as pas de talent. Ce que le public a aimé, ce n’est pas toi, ce n’est pas ton jeu. Le public est ingrat, il ne vient qu’en curieux…

  



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